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Climat : les derniers rapports du GIEC

Climat : les derniers rapports du GIEC

Le temps nous est compté: pour limiter la hausse des températures à 2 °C d’ici la fin du siècle, il faut agir dès maintenant avec des politiques titanesques. Tel est le message du nouveau rapport sur «l’atténuation du changement climatique» du GIEC du 13 avril. Ce « résumé» est destiné à éclairer les gouvernements dans leurs choix sur les scénarios de décarbonisation de l’économie. Ce volet qui succède à celui de septembre 2013 sur les preuves du réchauffement et à celui de mars 2014 sur ses conséquences, conclut le 5e rapport du GIEC. Les émissions mondiales de gaz à effet de serre atteignent des niveaux critiques et leur croissance n’a jamais été aussi rapide. L’utilisation accrue du charbon a annulé les progrès réalisés dans le secteur énergétique grâce au développement des renouvelables. À ce rythme, le seuil des 2°C sera franchi dès 2030. «Le message est clair, pour se mettre à l’abri d’interférences dangereuses avec le système climatique, il faut sortir de la routine habituelle.».

UNE VOIE ÉTROITE

La voie tracée par les experts du GIEC est étroite. Limiter la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère à 450 ppm – pour un réchauffement de 2°C – suppose de réduire les émissions mondiales de 40% à 70% d’ici 2050 et de les ramener à un niveau «proche de zéro», d’ici la fin du siècle. Tous les secteurs économiques – énergie, transport, habitat, agriculture… – sont concernés. Il faudra pour ce faire « de rapides progrès dans le domaine de l’efficacité énergétique, tripler, voire quadrupler, l’énergie neutre en carbone produite à partir des énergies renouvelables et du nucléaire, un développement massif des techniques de captage et stockage du CO2 et des programmes à grande échelle de reforestation». Cela en partant de l’hypothèse que les obstacles pour accéder aux technologies avancées ont été levés, et que les États coopèrent… « La lutte contre le changement climatique réclame une coopération internationale sans précédent » en a averti le président du GIEC, Ramendera Pachauri, à Berlin. « L’objectif de 2 °C est un objectif politique adopté par les États en 2010. Si les gouvernements y tiennent, il est encore possible de l’atteindre. Mais plus ils attendent, plus ce sera coûteux. Et plus ils seront dépendants de solutions dont les risques sont mal maîtrisés ou les conséquences par exemple sur la sécurité alimentaire potentiellement importantes. » Le rapport admet que l’impact du développement des agrocarburants est mal évalué. Les chiffres décrivent une incidence sur l’évolution de la consommation alimentaire mondiale.

L'ENJEU DES VILLES

Il existe au cours des deux prochaines décennies, à travers le basculement annoncé de la population mondiale des campagnes vers les villes, la possibilité de construire des sociétés sobres en carbone. « Notre rapport ne cache pas les difficultés des défis que représente la lutte contre le réchauffement, mais il montre aussi qu’il existe un espoir même s’il est modeste », a conclu le vice-président du GIEC, Ottmar Edenhofer, à Berlin.

Pollution atmosphérique : on respire mieux avec le nucléaire civil

En mars 2014, alors que la pollution atmosphérique empoisonnait nos villes, l’OMS publiait un communiqué 1 confirmant que la pollution de l’air est désormais le principal risque environnemental pour la santé : près de 7 millions de personnes sont décédées prématurément dans le monde. La grande majorité de ces décès est due aux maladies cardiovasculaires, mais aussi aux maladies respiratoires et aux cancers du poumon. Dans ce domaine comme ailleurs, les populations des pays à faible revenu payent le plus lourd tribut. Face à ce tableau inquiétant, le nucléaire, véritable réducteur de pollution atmosphérique atmosphérique, s’affirme comme une protection efficace. En comparaison d’une centrale à charbon de 1 000 mégawatts, une centrale nucléaire de même puissance permet d’éviter, chaque année, plus de 3 millions de tonnes de rejets.

Une récente publication2 de deux chercheurs américains dans la revue Environmental Science and Technology évalue à 1,8 million le nombre de décès évités dans le monde grâce au nucléaire civil entre les années 1971 et 2009. Sur la même période, le nombre de décès évités en France serait de 290 000. Ces chiffres donnent la mesure de l’assainissement opéré depuis l’engagement du programme nucléaire dans les années 1970. Au moment de faire des choix de politique énergétique engageant le long terme, une conclusion s’impose: la production électrique d’origine nucléaire constitue un atout pour garder l’atmosphère propre et réduire les effets dela pollution de l’air sur la santé

1) http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2014/air-pollution/fr/

2) http://pubs.giss.nasa.gov/abs/kh05000e.html

Intrusion de Greenpeace à Fessenheim

Le 18 mars, les militants de Greenpeace s’introduisaient dans l’enceinte de la centrale nucléaire de Fessenheim. Comment ne pas s’inquiéter de voir EELV « féliciter » ces activistes et les médias saluer ce type d’actions «commando » contraire à toute action démocratique visant à mobiliser le maximum de gens ? Pourquoi ne pas retenir qu’à aucun moment cette intrusion n’a mis en cause ni la production ni la sûreté de l’installation? Par contre les salariés de la centrale ont vu ce jour-là leurs conditions de travail gravement perturbées et en réaction, la CGT fait remarquer dans un communiqué: « lors de tels événements le site est bouclé, empêchant les salariés qui ont travaillé la nuit de rentrer chez eux, d’autre part l’augmentation des contrôles de sécurité qui s’en suivent, les affecte et perturbe leur travail. Mais les militants de Greenpeace savent-ils ce que c’est de travailler sur ce type de site industriel…? »

Sur la question de fond: L’ASN, autorité indépendante seule habilitée à évaluer la sûreté des installations nucléaires, ne demande pas l’arrêt de l’installation. L’exploitant EDF a fait ses comptes : économiquement, en incluant les travaux supplémentaires résultant des examens post-Fukushima, cette centrale reste une des plus intéressantes du parc. Le manque à produire en cas d’arrêt prématuré devra être compensé par une production de base faisant appel à des centrales brûlant des combustibles fossiles, alourdissant d’autant la facture économique et écologique. Mais alors pourquoi fermer Fessenheim? « Nous proposons à Greenpeace une action plus courageuse: venir débattre publiquement et de manière contradictoire sur les conséquences du réchauffement climatique, de l’industrie, de l’emploi des choix qu’ils préconisent. », conclut le communiqué de la CGT. Pas de réponse jusqu’à aujourd’hui.

La transition énergétique allemande dans l’impasse !

Cette annonce fait l’effet d’une bombe, car elle émane de M. Sigmard Gabriel, ministre allemand de l’énergie le 16avril dernier. Ce que les experts affirmaient depuis des années se révèle au grand jour. En effet depuis l’introduction en 2000 de la loi sur les « énergies renouvelables » (EEG), le prix de l’électricité a augmenté de plus de 200 %. Les Allemands paient maintenant le second prix de l’électricité la plus chère d’Europe. L’impératif de stabilisation du réseau électrique malgré l’afflux massif et erratique des centrales solaires et éoliennes qui produisent de l’énergie sans aucun rapport avec les besoins réels, a poussé les opérateurs à leurs limites. Désormais, avec une part de seulement 13 % de la production totale d’électricité, la contribution des renouvelables est peu fiable et met en péril la stabilité du réseau électrique.

Les centrales électriques conventionnelles, nucléaires en particulier – capables de compenser ces effets négatifs– sont fermées à un rythme croissant. En outre, la production de CO2 de l’Allemagne a augmenté, les centrales au charbon ayant dû compenser la fermeture des centrales nucléaires. Les coûts vont encore augmenter alors que la sécurité de l’approvisionnement est en chute libre.

Les lois économiques et techniques, rappellent à la dure réalité et forcent l’Allemagne à abandonner sa stratégie énergétique « renouvelable » centrée sur la production d’énergie solaire et éolienne. Puisque la seule alternative à faibles émissions de CO2, l’énergie nucléaire, a été diabolisée par tous les partis politiques et tous les médias, à tel point qu’il est inenvisageable d’y recourir à court terme, l’Allemagne devra revenir au charbon pour ses besoins en électricité. C’est la dure conclusion que fait le ministre allemand.

Puisse l’expérience allemande faire réfléchir les politiques français. Nous n’avons que dix ans pour prendre les bonnes décisions, en particulier lancer le renouvellement de nos centrales nucléaires vieillissantes. Le bradage d’Alstom n’est de ce point de vue pas de bon augure.

 

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